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Justin Nsengiyumva à l'ONU : le Rwanda plaide pour une solution réaliste et durable à la crise congolaise

Par Lunda Mulongo Lem’s Pierre·Rédacteur·25 septembre 2026·5 min de lecture

Le mardi 23 septembre 2026, à New York, à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre rwandais, Justin Nsengiyumva, a livré un discours empreint de pragmatisme sur la crise qui secoue l'Est de la RDC depuis plusieurs décennies, quelques minutes après l'intervention de la Première ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka.

D'entrée, le chef du gouvernement rwandais a salué les accords de Washington, signés en juin 2025 entre le Rwanda et la RDC, ainsi que l'accord-cadre de Doha, conclu le 15 novembre 2025 entre Kinshasa et l'AFC/M23, dont les différents protocoles ont depuis fait l'objet de plusieurs rounds de négociations tenus tant au Qatar qu'en Suisse. Des pas dans la bonne direction, a-t-il souligné, affirmant que le Rwanda reste pleinement engagé dans le respect de ces textes, dans l'intérêt d'une paix durable pour toute la région des Grands Lacs.

Le Rwanda veut la paix dans la région , a-t-il martelé à la tribune. Une formule qui résume la ligne défendue par le chef du gouvernement rwandais : privilégier les avancées concrètes sur le terrain plutôt que de s'attarder sur les griefs réciproques.

Justin Nsengiyumva a ensuite rappelé la nature du conflit qui oppose Kinshasa à l'AFC/M23, rébellion congolaise. Il s'agit, a-t-il affirmé, d'une crise proprement interne à la RDC, dont le règlement durable suppose de s'attaquer à ses véritables causes, plutôt que de chercher des responsables au-delà des frontières du pays.

Sur ce point, le Premier ministre a été précis : les racines du conflit dans l'est de la RDC sont politiques et tiennent à des griefs de longue date, à l'exclusion et à des défaillances de gouvernance, a-t-il déclaré. Une lecture lucide, qui recentre le débat sur les réformes de fond plutôt que sur la confrontation entre États.

C'est dans cet esprit qu'il a plaidé, dans son discours, pour la mise en œuvre effective des clauses déjà négociées entre Kinshasa et l'AFC/M23, à Doha comme en Suisse, y voyant le chemin le plus sûr vers une paix véritable et durable. Une approche sobre dans la forme, mais qui a le mérite de proposer une méthode claire : traiter les causes de fond plutôt que gérer les seuls symptômes du conflit.

Enfin, le chef du gouvernement rwandais a appelé l'ensemble des acteurs à tenir parole, insistant sur cette exigence de responsabilité partagée. Un appel qui traduit la volonté de Kigali de voir les cadres diplomatiques signés à Washington, à Doha et sous l'égide de l'Union africaine se concrétiser sur le terrain, dans l'intérêt de la stabilité de toute la région des Grands Lacs.

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