DarajaDaraja
Un shop de torture à Goma

Le système Mobile Money : un autre fardeau sur la population du Kivu

​Il est urgent que les autorités de l'AFC/M23 interviennent énergiquement pour encadrer ce secteur, faire cesser ce pillage quotidien et alléger le fardeau d'un peuple qui a déjà payé un trop lourd tribut.

Par Lunda Mulongo Lem’s Pierre·Rédacteur·25 août 2026·5 min de lecture

Depuis la prise de contrôle de Goma et de Bukavu par l'AFC/M23, le pouvoir central de Kinshasa a imposé une mesure d'une cruauté sans nom : la fermeture unilatérale des banques dans les zones administrées par la rébellion. Présentée officiellement comme une décision administrative, elle s'apparente en réalité à une punition collective et à un blocus économique délibéré, infligé par un régime prêt à sacrifier son propre peuple pour des calculs politiciens.

Rond-point de la BDGL à Goma

En privant des milliers de ménages et d'opérateurs économiques d'accès à leurs avoirs bancaires, les autorités de Kinshasa paralysent l'économie du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette décision asphyxie une population qui endure déjà des décennies de souffrances, de guerres et d'instabilité.

Activité sur une avenue de Goma

L'hypocrisie du pouvoir en place éclate au grand jour lorsqu'on regarde l'Histoire récente du pays. À l'époque de l'ancien président Joseph Kabila, le Kasaï région d'origine de l'actuel chef de l'État Félix Tshisekedi avait été le théâtre d'occupations par la milice Kamuina Nsapu. Des liens avérés unissaient alors cette milice à l'UDPS, alors dans l'opposition, et de graves violences avaient été commises. Pourtant, jamais le régime de Kabila n'avait pris de mesures punitives ou de blocus économique visant à étouffer la population du Kasaï. Aujourd'hui, Félix Tshisekedi fait exactement l'inverse : il punit collectivement les Kivutiens.

Le système Mobile Money : un autre fardeau sur la population du Kivu

Un shop d'opérateur de télécommunications

Face à la fermeture des banques et au blocus économique imposé par Kinshasa dans les zones sous administration de l'AFC/M23, les habitants du Nord-Kivu et du Sud-Kivu se sont tournés par nécessité vers les solutions de Mobile Money (M-Pesa, Airtel Money, Orange Money, Africell Money).

Malheureusement, ce qui devait être une alternative salvatrice s'est transformé en un nouveau piège pour des citoyens déjà fragilisés. En complicité avec certains opérateurs économiques de Goma et de Bukavu, les réseaux de téléphonie mobile ont mis en place un véritable système de racket généralisé.

Les chiffres de cette exploitation ont de quoi indigner :

  • Des frais exorbitants : Chaque retrait en dollars américains est lourdement taxé à plus de 10% par le réseau de télécommunications.
  • Des ponctions de proximité : L'agent du shop ou de la cabine de rue soustrait à son tour environ 3,6% de la somme.
  • Un cumul insoutenable : Au finish, le client perd entre 13,6% et parfois jusqu'à 20% de son argent à chaque transaction, selon le montant retiré.
Trafic sur une avenue de Goma

Prise en étau entre un gouvernement central qui la bombarde économiquement et des réseaux de télécommunications sans scrupules qui l'exploitent, la population vit un véritable calvaire.

L'appel de la rédaction de daraja-média

L'interpellation de notre rédaction s'adresse sur deux fronts :

  • Aux dirigeants de l'AFC/M23 : Alors qu'ils s'emploient à instaurer une gouvernance rigoureuse et à stabiliser la sécurité sur le terrain, il est urgent de faire pression sur les opérateurs économiques et de téléphonie mobile. Le bien-être du peuple doit primer : il faut impérativement alléger ce fardeau financier insupportable.
  • ​À la communauté internationale : Il est temps de sortir de son silence complice et de faire pression sur le régime de Kinshasa pour exiger la levée immédiate de ces mesures punitives illégales. L'économie du Kivu doit impérativement reprendre un cours normal pour permettre à ses citoyens de vivre dignement.
​Il est urgent que les autorités de l'AFC/M23 interviennent énergiquement pour encadrer ce secteur, faire cesser ce pillage quotidien et alléger le fardeau d'un peuple qui a déjà payé un trop lourd tribut.
Daraja-média
Sujets

Commentaires

Réagissez librement — aucun compte n'est nécessaire.

Les commentaires sont relus avant publication. Les propos haineux, diffamatoires ou hors sujet ne sont pas publiés.

Personne n'a encore réagi. Lancez la discussion.

← Retour à l'accueil