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Les fils prodigues du Kivu

Le conflit dans le Nord et le Sud-Kivu est aussi le résultat de l'opportunisme criminel de soi-disant dignitaires de cet espace géographique. Certains leaders du Kivu, par haine envers le Rwanda et par opportunisme économique, encouragent la guerre et l'insécurité contre leurs propres frères.

Par Lunda Mulongo Lem’s Pierre·Rédacteur·10 septembre 2026·5 min de lecture

Le Grand Kivu, carrefour économique et symbole de prospérité de l'Est de la République Démocratique du Congo, demeure englué depuis plusieurs décennies dans une spirale d'instabilité chronique et instable.

Cette région stratégique paie un lourd tribut à une crise sécuritaire complexe qui hypothèque l'avenir de millions de citoyens et martyrise un territoire pourtant immensément riche.

Car le Kivu demeure une terre d'une prodigieuse et exceptionnelle richesse, très riche en faune et en flore, porté par des parcs nationaux d'une valeur inestimable.

Son sous-sol regorge également d'immenses potentialités et de minerais stratégiques qui font de cette région l'un des coffres-forts de la planète, des richesses qui se transforment malheureusement en sources de convoitises tragiques.

Au cœur de cette tourmente, les populations civiles du Kivu subissent une souffrance indicible et quotidienne, obligées de fuir sans cesse les affrontements armés entre l'armée congolaise et l'AFC/M23, abandonnant leurs terres et leurs biens pour errer sur les routes dans un dénuement total.

Ces violences et affrontements récurrents sont dus aux attaques répétées de l'armée congolaise FARDC qui refuse l'observation de tout cessez-le-feu, privilégiant une fuite en avant militaire au détriment de la paix.

Face à cette tragédie, les leaders kivusiens adhèrent pleinement à cette rhétorique, mais soutiennent aussi ouvertement les massacres et bombardements contre les Banyamulenge dans le Sud-Kivu, cautionnant ainsi la destruction de pans entiers de leur propre communauté.

Malgré cette opulence naturelle, le tissu sécuritaire s'est fortement dégradé en raison de la prolifération de plusieurs groupes armés (qui sont à plus de 110) qui ont longtemps semé la terreur dans le grand Kivu.

Parmi eux figurent les génocidaires rwandais des FDLR, établis à l'Est de la RDC depuis 1994 après leur crime de génocide au Rwanda.

Ces parrains instrumentalisent les frustrations pour asseoir leurs ambitions personnelles et alimenter une économie mafieuse autour des ressources de la région.

Plus grave encore, certains leaders politiques originaires du Kivu sont à la base de l'amplification de la haine et de la discrimination tribale entre Congolais originaires du Kivu, dressant les filles et les fils du Kivu les uns contre les autres.

Quelques figures se distinguent dans cette entreprise et sont à la base de l'instabilité et des divisions, voici un échantillon :

  • Julien Paluku (ancien gouverneur du Nord-Kivu, actuellement ministre national de l'Industrie),
  • Muhindo Nzangi (ministre du Développement rural),
  • Crispin Mbindule (député national),
  • Justin Bitakwira (député national),
  • Patrick Munyomo (député national),

et bien d'autres acteurs politiques et de la société civile originaire du Kivu.

Ils sont tous utilisés par le régime du président Tshisekedi dans le seul but de les manipuler et d'obtenir l'adhésion à la stratégie de haine contre le Rwanda, mais aussi contre les Congolais rwandophones (Tutsis congolais).

Récemment, le témoignage d'un ancien officier des FDLR a mis en lumière la collaboration entre plusieurs acteurs politiques du Kivu avec cette rébellion composée d'anciens génocidaires rwandais établis à l'est de la RDC, qui sont dans une coopération et collaboration étroite avec l'armée congolaise.

Depuis 2021, ces figures de la politique kivusienne sont très actives sur le terrain de la propagande haineuse et génocidaire, leurs groupes armés respectifs ayant fondu dans une coalition appelée WAZALENDO qui combat aux côtés de l'armée congolaise dans la guerre contre l'AFC/M23.

Les WAZALENDO sont auteurs de plusieurs crimes et exactions contre les civils, et à chaque fois ils s'affrontent à l'armée congolaise.

Cette milice reçoit plus de 5 millions de dollars américains chaque mois, une enveloppe que se partagent leurs parrains depuis Kinshasa.

Pour les intérêts économiques, ces fils prodigues du Kivu ont accepté de bâtir leur bonheur et prospérité matérielle sur le sang de leurs frères, sur la haine et la division, mais aussi sur un mensonge qui consiste à dédouaner l'État congolais de ses responsabilités et à accuser le Rwanda, ainsi que les Congolais parlant kinyarwanda, d'être la source du malheur de la RDC.
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