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Une foule compacte de manifestants défile dans une avenue derrière une banderole de la société civile
Politique

Mobilisation populaire de la société civile à Goma et Bukavu : entre rejet des sanctions de l'ONU, opposition au changement constitutionnel et crise bancaire

Ce mardi 28 juillet 2026, des milliers d'habitants ont déferlé dans les rues de Goma et de Bukavu à l'appel des organisations de la société civile pour dénoncer les sanctions de l'ONU, rejeter le projet de changement de Constitution et réclamer la réouverture des banques.

Par Daraja Editorial·Rédaction Daraja·28 juillet 2026·4 min de lecture
Des manifestants, poings levés, marchent derrière des banderoles de la société civile
Des milliers d'habitants ont répondu à l'appel des organisations de la société civile, ce mardi 28 juillet 2026.

Ce mardi 28 juillet 2026, des milliers d'habitants ont déferlé massivement dans les rues de Goma au Nord-Kivu et de Bukavu au Sud-Kivu à l'appel des organisations de la société civile. Au cœur de cette mobilisation transprovinciale d'envergure, les manifestants ont exprimé leur profonde colère face à ce qu'ils qualifient de « double standard » et de sanctions ciblées prononcées par le Comité des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU le 14 juillet 2026. Ces mesures coercitives, qui frappent directement l'alliance politico-militaire AFC/M23 en tant qu'entité, son coordonnateur Corneille Nangaa ainsi que le colonel John Imani Nzenze, sont perçues par la population locale comme une démarche unilatérale inadaptée en plein processus de négociation, de surcroît de nature à compromettre les chances d'une paix équitable.

Images de la mobilisation du mardi 28 juillet 2026.

Un rejet unanime du projet de changement de Constitution

À Goma comme à Bukavu, la fronde populaire est allée bien au-delà de la seule question diplomatique et sécuritaire pour porter de fortes revendications politiques et socio-économiques locales. Les participants ont ainsi affiché un rejet catégorique et unanime du projet de changement de la Constitution, marquant leur opposition farouche à cette initiative dans un climat politique national particulièrement crispé. L'opposition soupçonne en effet le président Félix Tshisekedi de vouloir instrumentaliser ce passage à une nouvelle loi fondamentale pour s'éterniser au pouvoir, une perspective vivement décriée par les habitants de l'est du pays, meurtris par plusieurs décennies de crises successives que connaît la RDC.

Des manifestants rassemblés devant le cabinet du gouverneur du Sud-Kivu, un drapeau de la RDC au premier plan
Rassemblement devant le cabinet du gouverneur de la province du Sud-Kivu, à Bukavu.

La réouverture des banques, revendication centrale

Sur les pancartes et calicots brandis tout au long de ces marches simultanées, une autre exigence cruciale a dominé les rassemblements : la réclamation pressante de la réouverture immédiate des banques dans les zones sous contrôle de l'AFC/M23. La fermeture des banques paralyse l'économie dans les zones contrôlées par l'AFC/M23, sur ordre strict du gouvernement de Kinshasa depuis la prise de Goma et de Bukavu. Ces établissements financiers plongent ainsi la population et les opérateurs économiques dans une situation d'asphyxie totale, privant les citoyens de l'accès à leurs avoirs et paralysant l'ensemble de l'économie régionale à travers la rupture des chaînes d'approvisionnement et l'impossibilité de mener la moindre transaction commerciale formelle.

Les trois revendications des manifestants

  1. Le retrait des sanctions de l'ONU, jugées inadaptées en plein processus de négociation.
  2. L'abandon du projet de changement de la Constitution.
  3. La réouverture immédiate des banques dans les zones sous contrôle de l'AFC/M23.
La mobilisation transprovinciale de Goma et Bukavu, en images.
Sujets#RDC#Goma#Bukavu#Société civile#AFC/M23#ONU
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