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Causes profondes de la crise en RDC : l'opposition politique actuelle est-elle une alternative à la politique du bouc émissaire qui a caractérisé divers régimes en RDC ?

Le mensonge, l'esquive et le manque de redevabilité des gouvernants envers le peuple sont presque devenus une règle et une coutume chez les acteurs politiques congolais. Qu'il s'agisse du pouvoir ou de l'opposition, tous évitent d'affronter les vraies questions.

Par Lunda Mulongo Lem’s Pierre·Rédacteur·7 septembre 2026·5 min de lecture

Depuis plusieurs décennies, l'instabilité politique en République démocratique du Congo est présentée comme étant l'œuvre d'acteurs extérieurs, en particulier le Rwanda, qui est mis au premier banc des accusés.

Or, comme nous l'avons démontré dans divers articles sur Daraja Media, la crise congolaise tire ses racines dès 1960. Juste après l'indépendance, le Katanga avec Moïse Tshombe avait fait sécession, tout comme la région du Kasaï.

À Kinshasa, le président de la République Joseph Kasaubu et le Premier ministre Patrice Emery Lumumba étaient en crise ouverte. En 1965, Mobutu Sese Seko fera un coup d'État qui inaugurera 32 années d'instabilité politique, économique, sociale et sécuritaire.

En 2019, après plusieurs années passées dans l'opposition, l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), le parti de l'ancien opposant historique Étienne Tshisekedi, a pris le pouvoir par l'intermédiaire de son fils Félix Tshisekedi, suscitant espoir et attentes au sein de la population congolaise.

Ce parti, qui s'est opposé à Mobutu, à Laurent-Désiré Kabila et à Joseph Kabila, avait carte blanche, ayant, selon ses dirigeants, tiré les leçons des erreurs de ceux qui ont gouverné la RDC avant lui.

Malheureusement, depuis 2019, c'est la déception : Félix Tshisekedi a instauré une gouvernance pire que celle de ses prédécesseurs :

  1. Un gouvernement fondé sur le tribalisme, avec des nominations à des postes stratégiques réservées aux membres de sa tribu, les Luba du Kasaï.
  2. Une gestion marquée par des scandales financiers et des détournements impliquant les membres du gouvernement et de son cabinet.
  3. Le pillage des ressources naturelles du pays par les membres de sa famille biologique, de son clan tribal et de sa famille politique.
  4. L'instauration d'une politique de répression, de persécution, d'arrestations arbitraires, de disparitions forcées et d'assassinats ciblés à l'égard des opposants, des acteurs de la société civile et des autres voix critiques.
  5. L'instrumentalisation de la guerre à l'Est à des motifs politiques et économiques, les marchés d'équipement en armes, uniformes et munitions de l'armée étant confiés aux proches du chef de l'État.

Félix Tshisekedi a plongé la RDC dans une impasse. La population congolaise suffoque, les indicateurs socio-économiques, sécuritaires et sanitaires sont au rouge, et les espoirs de 2019 se sont envolés.

L'opposition politique actuelle à Kinshasa constitue-t-elle une alternative ?

Pour répondre à cette question, examinons les acteurs en place les leaders de l'opposition congolaise actuelle , leur discours et leur courant idéologique :

Joseph Kabila Kabange

ancien président de la RDC, il a gouverné le pays pendant 18 ans. C'est d'ailleurs lui qui a remis le pouvoir à l'actuel président Félix Tshisekedi de façon pacifique en 2019. Par la suite, le pouvoir de Kinshasa l'a humilié, a persécuté ses proches et l'a condamné à mort lors d'un procès politique et expéditif, l'accusant à tort d'être le patron de la rébellion de l'AFC/M23, que Kinshasa attribue au Rwanda.

Fort de son expérience à la tête du pays, Joseph Kabila a une lecture objective et réaliste de la crise multiforme que traverse la RDC et juge très légitimes et fondées les revendications de l'AFC/M23.

La coalition C64

composée de figures de l'opposition telles que Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Delly Sesanga, Matata Ponyo et Jean-Marc Kabund-a-Kabund, cette coalition a exercé une sérieuse pression sur le pouvoir de Kinshasa concernant son projet de révision ou de changement de la Constitution.

Un sit-in et une marche pacifique ont été organisés par cette plateforme, obligeant le pouvoir à recourir à la médiation du président burundais Évariste Ndayishimiye un allié de Félix Tshisekedi et co-belligérant dans la crise à l'Est. Ce dernier, à la demande de son homologue, a récemment invité cette coalition de l'opposition dans le but d'obtenir l'abandon des marches et des activités de pression.

Bien qu'elle soit la seule alliance admise par Kinshasa pour le dialogue politique souhaité par Félix Tshisekedi, cette coalition a jusqu'à présent rejeté les modalités et les conditions fixées par le chef de l'État lors de sa récente adresse à la nation.

Malheureusement, au sein de cette coalition, des personnalités comme Martin Fayulu partagent une lecture identique à celle du pouvoir en place concernant la situation à l'Est, qu'ils attribuent également au Rwanda.

Pour Martin Fayulu, les Tutsis congolais sont perçus comme des Rwandais, et l'AFC/M23 est qualifiée de rébellion rwandaise plutôt que de révolution politico-militaire portée par des Congolais.

Les autres acteurs politiques de cette coalition ont quant à eux un discours flou ou variable selon les circonstances et les interlocuteurs.

Cet état des choses nous pousse à penser que, à l'exception notable de l'ancien président Joseph Kabila Kabange, le reste des acteurs de l'opposition en RDC oscille entre extrémisme, tiédeur ou flou idéologique quant aux causes profondes de la crise et aux véritables solutions à y apporter.

Chacun préfère surfer sur un discours populiste et politicien, manquant du courage nécessaire pour opérer un véritable diagnostic de la situation et libérer le peuple congolais de la misère.

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