
Parti ensemble de Moïse Katumbi : décrispation et apaisement des dissensions claniques
Moïse Katumbi et Joseph Kabila sont des opposants qui disposent d'un ancrage politique sur le terrain ainsi que de carnets d'adresses diplomatiques, mais ce dernier est fragilisé par des dissensions internes au sein de son parti.
Description du climat interne au parti Ensemble pour la République de l'opposant Moïse Katumbi Chapwe après de sérieuses dissensions internes ayant opposé les courants de Salomon Kalonda Idi et d’Olivier Kamitatu.

Depuis un certain temps, ce parti phare de l'opposition congolaise traverse une zone de turbulences. Deux courants se déchirent à l'intérieur de cette formation : celui de Salomon Kalonda, un proche de Moïse Katumbi Chapwe de longue date. Il fut son conseiller principal lorsqu'il était gouverneur du Grand Katanga, et il occupe également les fonctions de trésorier général du club emblématique du TP Mazembe, dirigé par Moïse Katumbi.
Ce courant est considéré par certains observateurs comme favorable à un rapprochement entre Moïse Katumbi et le président Félix Tshisekedi, chef de l'État de la RDC.

L'autre courant est incarné par Olivier Kamitatu, ancien président de l'Assemblée nationale et ancien ministre du Plan, qui exerce actuellement les fonctions de directeur de cabinet de Moïse Katumbi Chapwe.

Il représente l'aile dure du parti face à Félix Tshisekedi. Plusieurs témoignages rapportent qu'il serait favorable à un rapprochement entre Katumbi et Kabila afin de faire barrage à Félix Tshisekedi dans sa tentative de modifier la Constitution.
Les deux camps se sont publiquement affrontés par communicateurs interposés, jusqu'à ce que les leaders des deux factions, Salomon Kalonda Idi et Olivier Kamitatu, en viennent à des échanges tendus sur WhatsApp.


Le 29 juillet 2026, à la demande de Moïse Katumbi, les deux hommes se sont rencontrés pour fumer le calumet de la paix et ont signé un communiqué sanctionnant leur séance de réconciliation.
L'escalade de la crise et des dissensions internes

Le 20 août, le Directoire exécutif national a suspendu Hervé Diakiese de ses fonctions de porte-parole et de toute activité au nom du parti, le mettant à la disposition du Comité des sages chargé de l'entendre.
La direction reproche à Diakiese des propos jugés « inappropriés » et « discourtois » à l'égard du président national, ainsi qu'insultants envers certains cadres, des agissements jugés incompatibles avec ses fonctions et susceptibles d'aggraver l'indiscipline.
Cet épisode a encore fragilisé Ensemble pour la République, cofondateur de la coalition de l'opposition C64 qui milite contre le changement de la Constitution par Félix Tshisekedi. Cette crise au sein du parti a par ailleurs éclipsé d'autres leaders de l'opposition tels que Martin Fayulu et Jean-Marc Kabund.

Vers une désescalade ?
Samedi 29 août 2026, une rencontre a eu lieu en Europe, probablement en Grèce, entre Moïse Katumbi et son directeur de cabinet, grâce aux bons offices de Monsieur Stavros Papaioannou, ancien directeur général de la compagnie aérienne Hewa Bora Airways et très proche de l'opposant.

Les clichés issus de cette rencontre ont raviver le moral des troupes au sein d'Ensemble pour la République, constituant un signe de décrispation qui augure la relance du parti.
“La suite des événements nous en dira plus.”
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