
Mesure de fermeture des institutions d'enseignement supérieur à l'Est du pays : réaction du professeur Freddy Kaniki
Je dénoncer la politisation de l’éducation dont la cible est ici les enfants swahiliphones : la jeunesse doit rester concentrée sur ses études et refuser d’être instrumentalisée
Dans une décision prise le 20 août 2026, le gouvernement de Kinshasa, par l'entremise du ministère de l'Enseignement supérieur et universitaire, a pris de nouvelles mesures. La première concerne la suspension de la paie de plusieurs professeurs, chefs de travaux et assistants des universités et instituts supérieurs du Kivu. Dans sa deuxième décision, le gouvernement a carrément ordonné la fermeture de dix institutions d'enseignement supérieur.
Plusieurs acteurs politiques et de la société civile ont vivement réagi à ces mesures qu'ils perçoivent comme une marginalisation accrue des populations swahiliphones de l'Est. À l'unanimité, ils ont dénoncé et condamné une décision arbitraire, qu'ils qualifient de punition collective à l'instar de la fermeture des banques, avec cette particularité qu'elle vise directement l'avenir de la jeunesse swahiliphone.

C'est dans ce cadre que le professeur docteur Freddy Kaniki, Coordonnateur politique adjoint de l'AFC/M23, a réagi sur X (anciennement Twitter) pour s'insurger contre cette décision qu'il juge arbitraire et discriminatoire
Réaction du professeur Dr Freddy kaniki

Le gouvernement de Kinshasa vient, par l’arrêté ministériel n°239 du 20 août 2026, d’ordonner la suspension des activités académiques dans les établissements d’enseignement supérieur et universitaire des villes de Bukavu et Goma. Officiellement, cette mesure serait motivée par une « situation sécuritaire particulièrement préoccupante » (sic).
Alors que des efforts de médiation sont consentis pour apaiser les tensions, le régime de Kinshasa choisit d’ouvrir un nouveau front. Les populations de l’Est de la RDC, déjà éprouvées par les bombardements, la destruction des écoles, églises et hôpitaux, ainsi que la fermeture des banques, voient désormais l’éducation de leurs enfants directement attaquée.
Il est évident que cette décision est une réaction directe aux récentes nominations visant à combler les vides laissés par des responsables absents depuis plus d’une année et qui continuaient à administrer à distance, créant ainsi une cacophonie au sein des établissements en question. Plutôt que de soutenir la jeunesse, le gouvernement de Kinshasa cherche à semer colère et confusion dans les milieux académiques. Cette fermeture constitue une tentative de déstabiliser l’éducation et d’inciter aux troubles sociaux.

En effet, contrairement aux allégations du régime, la situation sécuritaire dans les deux villes est meilleure qu’avant. Rien, sauf la mauvaise foi des autorités de Kinshasa, ne justifie donc une telle suspension qui, en réalité, prive les jeunes de ces deux villes de l’éducation supérieure. Est-ce que ceux qui ont pris cette décision ont pensé aux implications financières et logistiques, aux contraintes morales de ces jeunes gens et surtout de ces jeunes filles qu’ils veulent emmener à des centaines de kilomètres de leurs parents ? Voilà ce qui se passe quand les considérations politiques aveuglent les décideurs et leur font perdre tout sens de moralité.
Je saisis donc cette opportunité pour :
- Apaiser les esprits et rassurer les étudiants : les activités académiques se poursuivront normalement.
- Dénoncer la politisation de l’éducation dont la cible est ici les enfants swahiliphones : la jeunesse doit rester concentrée sur ses études et refuser d’être instrumentalisée. La révolution éducative est en marche et les étudiants doivent en être des acteurs fiers, non des spectateurs, et encore moins des victimes.
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