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Le son et l'agenda confus de la coalition C64

Il faut souligner que le plus grand problème de cette coalition, c'est qu'elle compte en son sein certains acteurs qui ont la même ligne et la même lecture politique biaisée de la situation politique et sécuritaire du pays que le camp Tshisekedi, à l'instar de Martin Fayulu, anti-Tutsis congolais mais aussi anti-swahiliphones. D'ailleurs, plusieurs sources parlent souvent de ses rencontres discrètes avec Félix Tshisekedi.

Par Lunda Mulongo Lem’s Pierre·Rédacteur·7 novembre 2026·5 min de lecture

Créée le 19 mai 2026 par quelques figures de l'opposition politique à Kinshasa, à savoir Moïse Katumbi Chapwe, Matata Ponyo, Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund, cette coalition s'est fixé au départ pour objectif de faire barrage à tout projet de modification ou de changement de la Constitution prôné par le président Félix Tshisekedi et son camp politique, dans le but de briguer d'autres mandats alors qu'il est à son deuxième et dernier mandat.

“La coalition tire son nom de l'article 64 de la Constitution de la RDC, qui consacre le devoir de tout Congolais de faire échec à tout individu ou groupe qui prend le pouvoir par la force ou en violation des dispositions constitutionnelles.”

Un bon départ et une adhésion populaire

La population a très vite adhéré massivement à cette initiative car, en réalité, la grande majorité du peuple congolais, dans les zones sous contrôle du régime Tshisekedi, a déjà vomi ce régime. C'est ainsi que, le 3 juin 2026, la C64 a lancé une opération « ville morte » pour paralyser les activités économiques et protester contre le projet constitutionnel. La coalition avait salué une forte adhésion citoyenne, tandis que le gouvernement provincial a fait état d'un calme inhabituel.

Cette action a ensuite été suivie d'un sit-in / une manifestation à Kinshasa le 12 juin 2026, qui a donné lieu à des tensions et des affrontements et a fait plusieurs victimes, morts et blessés.

Les erreurs stratégiques et le brisement de l'élan

Après avoir constaté l'adhésion populaire à la coalition C64, mais aussi les images de répression des manifestations qui ont fait le tour du monde, Félix Tshisekedi a tendu un piège en faisant recours à son ami Évariste Ndayishimiye, président du Burundi, avec qui il est dans une coalition militaire criminelle contre les populations civiles dans les deux Kivu.

Ce dernier, utilisant sa casquette de président en exercice de l'Union africaine, a invité les leaders de la coalition C64 à Bujumbura, soi-disant pour faire une médiation entre les opposants congolais et son ami Félix Tshisekedi. Or, c'était un grand piège, et les opposants congolais y sont tombés.

Le 6 juillet 2026, la délégation s'est présentée au complet dans ce grand piège. Elle réunissait des figures majeures de l'opposition comme Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund, ainsi que des représentants d'autres formations politiques et des confessions religieuses (CENCO, ECC).

“Plusieurs observateurs avaient alerté sur les conséquences de ce déplacement, qui n'avait pour seul but que de briser l'élan de mobilisation de la coalition. La population était déçue et avait trouvé l'attitude des leaders de cette coalition d'une imprudence et d'une naïveté extrêmes : tout était gâché.”
“Il faut souligner que le plus grand problème de cette coalition, c'est qu'elle compte en son sein certains acteurs qui ont la même ligne et la même lecture politique biaisée de la situation politique et sécuritaire du pays que le camp Tshisekedi, à l'instar de Martin Fayulu, anti-Tutsis congolais mais aussi anti-swahiliphones. D'ailleurs, plusieurs sources parlent souvent de ses rencontres discrètes avec Félix Tshisekedi.”
— Daraja-media/LUNDA MULONGO LEM'S PIERRE

Martin Fayulu est aussi anti-Rwanda et pense, comme l'UDPS, que si la RDC n'avance pas malgré ses ressources minières, forestières et autres, c'est la faute du Rwanda. Même les pillages des ressources minières du Katanga et les multiples scandales de détournements en RDC, ils les imputent au Rwanda.

De contestataires à médiateurs

Le 12 octobre dernier, le président Joseph Kabila Kabange a pris la tête d'un mouvement politico-militaire dénommé Front pour la refondation de la nation (FRN), qui a pris la place de l'AFC/M23, secondé par Son Excellence Bertrand Bisimwa, figure historique du M23, mais aussi par l'ancien président de la CENI, Son Excellence Corneille Nangaa.

Juste après, les leaders de la coalition C64 se sont donné rendez-vous à Rome, en Italie, pour une rencontre en présentiel, car jusque-là deux des leaders de cette coalition, à savoir Moïse Katumbi Chapwe et Augustin Matata Ponyo, sont contraints à l'exil et ne peuvent pas rentrer au pays.

La C64 cherche à s'affirmer comme une alternative indépendante à la fois face au pouvoir en place de Félix Tshisekedi et face au Front pour la refondation de la nation (FRN) de l'ancien président Joseph Kabila.

En même temps, ils cherchent à jouer un rôle de médiateur entre le FRN, qui a pris les armes pour mettre fin à la dictature et défendre la Constitution et la bonne gouvernance, et Félix Tshisekedi, qui persiste et signe qu'il va changer la Constitution. Or, comme nous l'avons dit au début, la coalition C64 a été créée pour défendre la Constitution et aujourd'hui elle se transforme en structure de médiation entre ceux qui la défendent (le FRN) et ceux qui la violent et tiennent à la changer (le camp Tshisekedi).

“Cet état de choses a démoralisé tous ceux qui ont cru à cette coalition, mais a aussi discrédité celle-ci aux yeux de l'opinion publique nationale et internationale. Quelques leaders de la coalition (Moïse Katumbi Chapwe et Augustin Matata Ponyo) ont déclaré vouloir se rendre à Goma pour y rencontrer le FRN. Espérons qu'ils iront au bout de leur démarche, car Kinshasa, via Jacquemain Shabani, ministre de l'Intérieur, leur a brandi une menace de poursuites judiciaires.”
“La crédibilité d'une organisation politique ou d'un homme politique se juge aussi à la constance dans la lutte. La coalition C64 navigue entre tâtonnements et naïveté face aux pièges politiques et à la manipulation.”
— Daraja-media/LUNDA MULONGO LEM'S PIERRE
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